Mettez dans votre quotidien tous les gestes qui favoriseront l’apprentissage de votre enfant

Les recherches récentes dans le domaine des neurosciences ont permis de prouver de façon concrète ce que certains savaient intuitivement : une éducation violente va « créer » des adultes violents et donc une société violente, tandis qu’une éducation empathique va « créer » des adultes empathiques.

 

 

Dans sa conférence sur « Les neurosciences et le développement de l'enfant », Catherine Gueguen, pédiatre, explique que l’enfant est un être en construction, dont le cerveau est beaucoup plus fragile et beaucoup plus immature que nous ne le pensions il y a une dizaine d’années. Les neurosciences ont prouvé que l’environnement social et affectif dans lequel évolue l’enfant est primordial et va influencé son développement cérébral. Aujourd’hui, l’épigénétique a fait son apparition et nous savons que l’environnement va aller jusqu’à modifier les gènes, et par conséquent le cerveau. Par notre environnement nous agissons donc sur notre santé, sur notre comportement et sur nos apprentissages.

 

Nous savons également, dorénavant que les enfants de moins de 5 ou 6 ans, ne peuvent pas contrôler leurs émotions pour des raisons fonctionnelles ! Ils ne font pas exprès de faire des colères, de taper, de hurler, de pleurer !!!! Ils ne peuvent pas faire autrement. Ils ne commencent à pouvoir maitriser ces émotions vives qu’à partir de 5 ou 6 ans et n’auront intégrer ce contrôle qu’à l’âge adulte, si leur environnement est favorable ! Vous connaissez tous des adultes qui ne contrôlent toujours par leurs émotions, ils crient, ils tapent…. Ces adultes-là n’ont pas appris à contrôler leurs émotions, car ils n’ont pas bénéficié d’un environnement favorable pour la maturation de leur cerveau (cortex orbito-frontal).

 

Concernant les apprentissages, les récentes découvertes de la science ont prouvé que :

 

-          Tous les instants de douceur, tous les gestes empathiques et de bienveillance que nous vivons déclenchent la sécrétion d’ocytocine, qui va elle-même par effet de cascade va déclencher la sécrétion de dopamine, d’endorphine puis de sérotonine. Il s’agit, dans l’ordre, de l’hormone du plaisir de la motivation et de la créativité, puis de l’hormone de la sensation de bien-être, et de l’hormone qui stabilise l’humeur. Ces hormones sont essentielles dans le bien-être et dans les apprentissages. Les chercheurs ont mis en évidence une augmentation du volume de la zone du cerveau liée aux apprentissages (l’hippocampe) lorsque les parents apportent à leurs enfants un soutien empathique.

 

 

 

-          Inversement, lorsque les parents sont physiquement ou verbalement maltraitants, cela diminue le développement de l’hippocampe. De plus le stress bloque la production d’ocytocine et par conséquent des 3 autres hormones. En conclusion, un enfant stressé, ne pourra pas apprendre, mémoriser….

 

Par conséquent, si vous voulez mettre toutes les chances de votre côté pour que votre enfant puisse apprendre sans difficulté ni heurt, voici quelques conseils basés sur les résultats scientifiques récents :

 

Créez un environnement favorable au développement de votre enfant, afin de permettre à son cerveau d’avoir un développement optimal. De façon concrète, vous devez avoir une « attitude empathique, soutenante et aimante » comme l’explique Catherine Gueguen. Cela passe par :

 

1.       Ayez une attitude générale bienveillante :

 

-          Le regard doux et bienveillant. La sécrétion de l’ocytocine passe énormément par le regard. Attention aux « gros yeux » qui font du mal au petit enfant,

 

-          Une voix calme et rassurante,

 

-          Des gestes chaleureux et réconfortants. N’ayez pas peur du contact, les câlins sont nécessaires au bon développement de votre enfant.

 

 

 

2.       Ne laissez jamais votre enfant seul face à ses émotions

 

-          Consoler et rassurer l’enfant lorsqu’il vit une émotion forte pour l’aider à se calmer, car il ne sait pas le faire avant 5 ou 6 ans. Et cela demande un apprentissage. Le punir, hurler plus fort que lui, le taper…. Tout cela ne fera qu’amplifier la « tempête » émotionnelle de votre enfant d’une part, et ne favorisera pas le développement de son cerveau.

 

-          Ne le laissez jamais seul pour ne pas engendrer de stress, car vous augmentez ses émotions. C’est angoissant de ressentir de très fortes émotions sans savoir les apaiser seul, cela déclenche donc du stress, qui est défavorable au développement du cerveau.

 

 

 

3.       Apprenez lui à exprimer et identifier ses émotions et ses besoins

 

Afin de lui permettre de contrôler ses émotions, il faut lui apprendre :

 

-          à reconnaitre son émotion. Faites-le verbaliser ses émotions. En méditation on dit « accueillez » ses émotions et amenez l’enfant à les accueillir de façon autonome en les exprimant.

 

-          aidez-le ensuite à identifier son besoin profond, lié à cette émotion. C’est la démarche de la CNV (communication non violente) de Marshall Rosenberg.

 

-          Et surtout montrez lui l’exemple. Exprimez vos sentiments et vos besoins.

 

    L'objectif n'est pas de nous faire culpabiliser, nous parents, mais d'avancer sereinement, ensemble, pour que la société de demain soit meilleure que celle d'aujourd'hui. Et ce sont ces prises de conscience qui font avancer la société. Je vous propose de vous accompagner pour vous aider à cheminer sur cette route qu'est la parentalité positive.