5 Conseils pour apprendre efficacement

Qu’entend-on par le mot « apprendre » ? Vous êtes-vous déjà posé la question ? les adultes répondront : « apprendre, c’est acquérir des nouvelles connaissances ou compétences, c’est se développer, … ». Les enfants eux, vous répondront plutôt « apprendre, c’est apprendre par cœur ». C’est bien normal, puisque dans leurs premières expériences d’élève, la première fois que l’enseignant a utilisé le mot « apprendre » c’est le jour où il lui a demandé d’apprendre par cœur un poème. Pour eux c’est donc ça apprendre : apprendre des phrases par cœur.

Mais qu’est-ce que signifie « apprendre » en fait ?

Mais qu’est-ce que signifie « apprendre » en fait ? Du point de vue de étymologie, “apprendre” vient de “ap” = vers soi, et “prendre”. C’est à dire faire “prendre pour faire entrer en soi”....
Et techniquement ? Et bien « apprendre » fait appel à plusieurs activités mentales* :
- Faire attention,
- Mémoriser,
- Comprendre,
- Réfléchir,
- Imaginer, être créatif.
Chacune de ces activités mentales interviennent dans les apprentissages, mais il faut bien les distinguer, car le cerveau ne peut pas tout faire en même temps, et c’est notre intention qui dicte à notre cerveau quelle(s) activité(s) mentale(s) mettre en œuvre. Cette intention c’est ce qu’on peut nommer le projet.
Donc selon le projet que l’on se fixe, il faudra mettre en œuvre préférentiellement l’un ou l’autre de ces gestes mentaux.
Par exemple, lorsqu’un professeur explique une notion pour la première fois, le projet inconscient des élèves sera de « comprendre » la notion et non de la « mémoriser ». Et cela est bien normal. Pour la mémoriser, il faudra qu’ils soient en projet de le faire.
Souvent les élèves confondent mémoriser et comprendre, ou « vivre » et « penser »… . Si les élèves vivent le cours, font les exercices demandés, voire même réalisent des expériences, ils auront vécu le moment, mais ils ne l’auront pas mémorisé pour autant. Faites l’expérience avec vos élèves ou vos enfants ; le lendemain ou plusieurs jours après un cours ou une séance de travail quelconque, demandez-leur ce qu’ils ont retenu du moment. Le cerveau aura mémorisé certaines choses bien sûr. Mais les enfants seront incapables de dérouler la séance, comme une caméra aurait pu le faire. Il y aura des exercices complètement oubliés par certains, retenus par d’autres, et même le déroulé de la séance n’aura pas été mémorisé, si bien que la mémoire aura classé les choses retenues à sa manière, différente pour chaque élève.
Les élèves précoces, quant à eux ont tendance à croire qu’ils savent car ils comprennent vite. Mais ce n’est pas pour autant qu’ils auront mémoriser.
Mémoriser c’est donc de façon simple : « mettre dans sa tête ce qui est dehors ! ». Et bien oui, pour mémoriser il faut bien faire passer l’information qui nous entoure dans notre tête pour pouvoir redonner cette information sans avoir le modèle ou le support devant nous !
Par conséquent, il est important de distinguer ces 5 activités mentales :
1. Etre attentif
Vous avez bien compris qu’apprendre c’est en premier lieu, porter attention à un objet qui nous entoure. Cela peut être une leçon, mais pour tout ce qui nous entoure c’est le même processus pour le faire « entrer » dans notre tête, par exemple : apprendre à parler lorsqu’on est petit, se souvenir d’un paysage, se souvenir d’un film ou d’un livre qu’on a lu….
L’attention des élèves est donc primordiale dans la première étape des apprentissages. Ils doivent avoir leur 5 sens grands ouverts pour pouvoir faire entrer l’information. Mais attention ! certains sens peuvent être contre-productifs, par exemple :
- Un enfant dont le sens de l’ouïe est très développé sera gêné par les bruits parasites,
- Un enfant qui a besoin de bougé, de toucher, sera gêné par la position immobile demandée en classe,
Les enfants précoces ont une particularité : leurs 5 sens sont hyper développés, on parle d’hyperesthésie, ils sont gênés par les bruits parasites, les lumières vivent, les étiquettes des vêtements, les mauvaises odeurs, …. Ils sont vite en souffrance et ne peuvent plus porter attention à ce qui est expliqué en classe.
2. Mémoriser
Pour mémoriser ces informations extérieures, nous allons devoir les « penser » c’est-à-dire créer des liens dans notre cerveau, c’est ce qu’on appelle « les évocations », qui vont nous permettre de mémoriser facilement.
On fabrique ces évocations à partir de ce qui est déjà dans notre tête :
- nos souvenirs,
- nos connaissances déjà acquises,
- notre imagination…
Par exemple, pour mémoriser le mot « chien », notre cerveau va immédiatement faire venir à notre conscience l’image d’un chien connu, le nôtre ou un autre chien croisé dans notre vie.
3. Comprendre
Comprendre c’est aller encore plus loin dans les évocations en faisant des liens comparatifs avec nos acquis : « c’est plus grand que... , plus compliqué que ... , c’est comme … »
Au cours des gestes de « mémorisation » et de « compréhension », le cerveau trie les informations et les classe dans la mémoire.
4. Réfléchir
Réfléchir c’est avoir la capacité d’aller piocher à l’intérieur de sa tête dans « son réservoir de connaissance », les informations utiles et pertinentes pour répondre à une problématique.
Cela demande d’être conscient de ces connaissances et de les avoir comprises pour pouvoir les réutiliser à bon escient.
5. Imaginer, créer
Imaginer et être créatif, c’est aller encore un peu plus loin en prolongeant nos évocations. Cela se fait de plusieurs façons :
- On transforme la réalité de nos souvenirs,
- On s’imagine des choses drôles (jeux de mots par exemple),
- On s’implique soi-même en imaginant des films par exemple
- …
Les enfants précoces sont bien souvent dans les étapes 5 et 6, ils rebondissent d’une question à une autre, se perdent dans leurs réflexions et leurs imagination fertile. Ils ne prennent pas le temps de faire des évocations efficaces à la mémorisation, au moment où il faudrait qu’ils soient attentifs pour « faire entrer » cette information dans leur cerveau.
Alors voici 5 conseils pour favoriser les apprentissages de vos enfants ou de vos élèves :
1. Donner des consignes claires :
Si vous souhaitez que vos enfants écoutent pour comprendre une notion nouvelle et difficile, soyez clairs et prévenez-les : « écoutez-moi attentivement, on notera tout à l’heure… ». Ou si c’est le moment de mémoriser, alors n’hésitez pas à leur dire : « Je vais vous dire une phrase importante que je souhaiterai que vous reteniez par cœur / ou que vous soyez capable de me redire à votre manière »…
2. Ne sollicitez pas les 5 sens en même temps :
Si vous montrez un support visuel, laissez aux enfants le temps de le regarder dans le silence. Si vous leur parlez, ne les assaillez pas d’images.
3. Bouger régulièrement :
N’oubliez pas que le corps est important dans les apprentissages. Et rester assis trop longtemps peut perturber l’attention de vos enfants / élèves. N’hésitez pas à faire une pause de 3 minutes pour boire un verre d’eau et faire deux ou trois mouvements de braingym.
4. Réactiver au moins 3 fois
Le cerveau fait des choix, il choisit de comprendre ou de retenir, et il choisit aussi ce qu’il va retenir. Et c’est bien normal, le cerveau ne peut pas tout faire en même temps. Il est donc primordial de réactiver les leçons au moins 3 fois dans la semaine pour que le cerveau complète l’information retenue et l’intègre à sa mémoire à long terme.
Demander à l’enfant de nous raconter sa leçon, sans ouvrir son cahier, est la meilleure manière de réactiver sa leçon. Ensuite il regarde sa leçon et complète ce qu’il a retenu avec les points qu’il n’a pas encore retenu.
5. Développer la créativité
Placer la créativité au cœur de vos préoccupations. Laisser les enfants créer, inventer, rêver pour que les notions acquises cheminent plus loin dans leur tête, qu’elles s’ancrent dans la durée.
*Selon Antoine de la Garanderie, phylosophe et chercheur en sciences de l’éducation (mort en 2010).

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