L'estime de soi selon Christophe André

J’ai assisté jeudi 22 juin à la conférence de Christophe André, qui s’est tenue à la Bourse du travail de Lyon.
A cette occasion, Christophe André nous a parlé de la psychologie de l’estime de soi. Il m’a semblé intéressant de vous faire une petite synthèse de cette conférence, au cas où vous n’auriez pas eu la chance de pouvoir y assister. (La photo jointe à mon article est une photo d’Isabelle Pailleau, créatrice et formatrice de la Fabrique à Bonheurs, qui a réalisé une synthèse de la conférence sous forme de Sketchnote, trop top !)
Revenons-en à nos moutons. Je vais tenter de vous expliquer en quelques lignes ce que Christophe André nous a expliqué en 2,5 heures.

Tout d’abord quelle différence fait-on entre la « confiance en soi » et « l’estime de soi » ?

  • La confiance en soi touche à la dimension comportementale de mon être : « Suis-je capable de … ? »
  • Tandis que l’estime de soi touche à une dimension globale de mon être : « Comment est-ce que je me vois ? Comment est-ce que je me juge ? Comment est-ce que je me traite ? »
Il est à noter que la terminologie « estime de soi » est plus récente, dans la littérature scientifique, que le terme de « confiance en soi ».
L’estime de soi peut se décrire selon deux critères : le niveau (haut ou bas) et la stabilité (stable ou instable).
  • Une haute estime de soi, stable dans le temps est une situation optimale. Les personnes sont plutôt heureuses et bien dans leur peau.
  • Une haute estime de soi, instable dans le temps est en déséquilibre. L’exemple type est la personne narcissique.
  • Une faible estime de soi, stable dans le temps est typique des personnes qui voient la vie au travers d’un filtre assez noir, avec une vision pessimiste de l’humanité. Mais pour autant, elles ne sont pas en difficulté personnellement.
  • Une faible estime de soi, instable dans le temps déclenche des troubles psychiques, tels que des montagnes russes émotionnelles, nécessitant parfois un accompagnement en psychothérapie.
L’estime de soi ne peut s’évaluer qu’en situation de stress ou d’agression de son estime, exemple lors d’un entretien d’embauche ou d’une compétition sportive… Car en situation normale,90% des personnes semblent avoir une bonne estime d’eux !
Par ailleurs, l’estime de soi n’est pas un trait figé de la personnalité. Elle dépend :
  • des influences passées : l‘éducation et l’amour qu’on a reçus, le modèle parental qu’on a eu, les relations vécues avec nos pairs durant l’enfance. Celles-ci sont immuables ou presque, elles agissent sur la part inconsciente de notre estime de soi et expliquent les automatismes que nous avons mis en œuvre.
  • des influences actuelles directes ou indirectes. Notamment toutes les pollutions et pressions que l’on subit au quotidien, telles que la pression sur l’apparence physique (attention aux photos de corps parfaits), la pression sur la performance (attention aux croyances stéréotypées, telle que « les femmes sont nulles en maths »)…
  • de l’autorégulation de l’égo : c’est-à-dire sa capacité à autoréguler ses émotions et son estime face aux situations désagréables ou agréables vécues.
Notons que le narcissisme est une attitude prouvant un manque d’autorégulation. D’après Christophe André, la société actuelle crée des narcissiques en grande quantité. D’après lui le narcissisme trouve ses origines :
- d’une part, dans une éducation comparative : valoriser les succès de son enfant, ok, mais pas en dévalorisant les autres.
- D’autre part, par l’absence de limites posées aux enfants. Attention à l’apprentissage de la frustration. Une éducation positive, ne veut pas dire une éducation sans limite et sans cadre ! Bien au contraire, la discipline positive c’est savoir mettre des limites avec bienveillance.
On peut nourrir notre estime de soi par la prise de conscience du sentiment d’être compétent et du sentiment d’être apprécié. Enfin s’entrainer à l’humilité permet de renforcer son estime de soi. L’humilité, c’est « s’affranchir des comparaisons et des compétitions ».

En conclusion, il y a donc 3 axes de renforcement de l’estime de soi :

1. le rapport à soi : s’accepter, être auto-bienveillant, avoir de l’auto-compassion.
2. le rapport à l’action : savoir s’engager, savoir persévérer, s’avoir se désengager (lâcher-prise).
3. le rapport aux autres : le lien social permet d’affronter les difficultés avec moins de stress, préférer une relation d’horizontalité en dehors de toute relation dominant/dominé, le partage des succès, valoriser ses propres succès en ayant conscience de la part de notre succès liée à d’autres que nous.
Et bien voilà un petit résumé de la conférence. Faites-en bon usage et passez une belle fin de semaine.

 


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